Contact parent-enfant
Contact entre parent et enfant
Quelles sont les possibilités de contact avec votre enfant pendant la détention, de séjour d’un enfant dans l’établissement et de soutien à la parentalité ?
Lorsqu’un parent est incarcéré, cela signifie généralement une séparation avec son enfant. Les visites, le courrier et les autres moyens de contact peuvent aider à préserver le lien. Un jeune enfant peut parfois séjourner avec son parent dans l’établissement, mais des conditions particulières s’appliquent.
L’intérêt de l’enfant et le droit à la vie familiale
Le contact parent-enfant ne concerne pas seulement les droits du parent détenu. L’enfant a lui aussi ses propres intérêts et droits :
- Artikel 8 EVRM (article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme) protège la vie privée et familiale. Les pouvoirs publics doivent permettre la vie familiale.
- Artikel 3 IVRK (article 3 de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant), le Kinderrechtenverdrag (Convention relative aux droits de l’enfant), prévoit que l’intérêt de l’enfant doit être une considération primordiale dans les décisions et les mesures.
- Artikel 9 IVRK protège les enfants contre la séparation d’avec leurs parents, sauf si cette séparation est dans leur intérêt et intervient dans le cadre d’une procédure judiciaire.
Les articles 37 et 92 des United Nations Minimum Rules of the Treatment of Prisoners (règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus) soulignent également l’importance des contacts familiaux et des visites. Ces règles internationales ne sont pas contraignantes, mais font autorité. Selon ces règles, la surveillance ne devrait avoir lieu que si elle est nécessaire.
Établissements pénitentiaires : visites et autres contacts
Visites ordinaires et accompagnement
Selon artikel 38, eerste lid, Pbw (article 38, paragraphe 1, de la loi néerlandaise sur les principes pénitentiaires), une personne détenue a droit à au moins une heure de visite par semaine. La Pbw est la Penitentiaire beginselenwet (loi néerlandaise sur les principes pénitentiaires), qui définit les droits et obligations pendant la détention.
Des règles d’accompagnement s’appliquent aux enfants :
- Un enfant de moins de douze ans doit venir avec un adulte.
- Dans l’Extra Beveiligde Inrichting (établissement à sécurité renforcée), l’EBI, cette obligation s’applique aux enfants de moins de seize ans.
Le directeur peut autoriser une visite sans surveillance une fois par mois. Cela ne signifie pas automatiquement qu’il existe un droit distinct à une visite d’enfant sans accompagnement.
Visites parent-enfant, courrier et appels vidéo
Lors du kind-check (vérification de la situation des enfants), le casemanager (référent chargé du suivi de votre dossier) vous demande si vous vous occupez d’enfants mineurs. L’établissement peut ensuite tenir compte de votre situation familiale.
Les visites parent-enfant se déroulent dans un espace adapté aux enfants, où parents et enfants peuvent faire des activités ensemble. Il existe aussi un service de courrier numérique : les enfants peuvent envoyer chaque jour un e-mail à l’établissement, qui le remet ensuite à leur parent.
Des visites le week-end sont également possibles pour les mères détenues. Une communication vidéo sécurisée est prévue pour tous les établissements pour femmes, afin de permettre des contacts mère-enfant supplémentaires ou réguliers. Renseignez-vous sur les possibilités offertes dans votre établissement.
Journées parent-enfant et transport
Exodus (organisme d’accompagnement des personnes détenues et de leurs proches) propose dans plusieurs établissements le Ouders, Kinderen en Detentieprogramma (OKD) (programme Parents, enfants et détention). Des bénévoles peuvent conduire les enfants à une journée parent-enfant adaptée à leurs besoins, avec des jeux et des moments à partager.
Les accords entre Exodus et DJI (Dienst Justitiële Inrichtingen, service néerlandais des établissements pénitentiaires) prévoient que chaque établissement organise au moins quatre journées parent-enfant par an, en dehors des horaires ordinaires de visite : le mercredi après-midi ou le week-end. Exodus recommande une journée parent-enfant par mois. Des accords portent aussi sur des mesures de sécurité adaptées aux enfants, des espaces de visite appropriés et la désignation d’un membre du personnel comme interlocuteur.
Certains établissements proposent des Herfstkampen (camps d’automne) pour les enfants de huit à quinze ans. Ils passent plusieurs journées avec leur parent détenu. Ils dorment à l’extérieur de l’établissement, avec d’autres enfants et sous l’encadrement de bénévoles.
Établissements pénitentiaires : faire séjourner un enfant auprès de son parent
Bébés jusqu’à neuf mois
En principe, les enfants ne vivent pas avec leur parent détenu. En pratique, les bébés jusqu’à neuf mois peuvent séjourner avec leur mère dans une cellule mère-enfant spéciale. Le fait que la mère allaite ou non son enfant n’est pas déterminant.
Cette possibilité concerne aussi les pères, par exemple lorsque le père s’occupait déjà de l’enfant avant sa détention. Cela ne semble pas encore s’être produit en pratique.
La Pbw ne fixe aucun âge maximal légal. À partir de neuf mois, un établissement fermé est en principe considéré comme inadapté, en raison des risques pour le développement physique et intellectuel de l’enfant. Ce n’est qu’en l’absence d’une autre solution d’accueil que le ministre peut, sur le fondement de artikel 12 Pbw, désigner des établissements ou des unités pour le séjour d’enfants.
Selon artikel 12, achtste lid, Pbw (article 12, paragraphe 8, Pbw), l’État prend en charge les frais liés aux soins de l’enfant dans la mesure où le parent ne peut pas les assumer lui-même.
Autorisation et retrait
Le directeur décide du séjour de l’enfant. Cette compétence est prévue par artikel 5, vierde lid, en artikel 12, tweede en derde lid, Pbw (article 5, paragraphe 4, et article 12, paragraphes 2 et 3, Pbw). Le directeur peut demander au préalable l’avis du Raad voor de Kinderbescherming (Conseil néerlandais de protection de l’enfance), sur le fondement de l’article 12, paragraphe 4.
Une autorisation déjà accordée peut être retirée :
- si cela est nécessaire pour protéger un intérêt mentionné à l’article 12, paragraphe 2 ;
- si le parent ne respecte pas une condition imposée.
Cela découle de artikel 12, vijfde lid, Pbw (article 12, paragraphe 5, Pbw). Le directeur peut faire appel au Raad voor de Kinderbescherming pour un examen complémentaire. Le retrait est obligatoire lorsque le séjour devient contraire à une décision relative à l’autorité parentale sur l’enfant : artikel 12, zesde lid, Pbw (article 12, paragraphe 6, Pbw).
Avant que le directeur refuse ou retire l’autorisation, vous devez pouvoir expliquer votre point de vue. Ce droit d’être entendu est prévu par artikel 57, eerste lid, onder a, Pbw (article 57, paragraphe 1, point a, Pbw).
Moeder Met Kindhuis à Ter Peel
Le Moeder Met Kindhuis (maison mère-enfant) de PI Ter Peel (établissement pénitentiaire de Ter Peel) accueille des mères avec des enfants jusqu’à quatre ans. La mère doit remplir les conditions pour accéder à une partie plus ouverte de la prison, avec des verlof (permissions de sortie) périodiques.
La maison se trouve sur le terrain de l’établissement et dispose d’équipements de type familial et d’un espace de jeu. Pendant la journée, les enfants vont dans une crèche des environs.
Soutien à la parentalité
Approche familiale et unités pour pères
La Gezinsbenadering (approche centrée sur la famille) a commencé en 2018 à PI Leeuwarden (établissement pénitentiaire de Leeuwarden), puis à PI Veenhuizen (établissement pénitentiaire de Veenhuizen). Cette approche fait désormais partie de l’offre permanente de DJI. Elle vise à limiter les conséquences négatives pour les enfants, à soutenir les pères et à prévenir la récidive. Elle doit aussi éviter que les enfants suivent plus tard le même parcours délinquant.
Les deux établissements disposent d’une vadervleugel (unité pour pères). Douze cellules y sont réservées à des pères motivés, avec un programme quotidien adapté autour de la paternité. Dans des salles familiales, ils peuvent jouer avec leurs enfants, faire les devoirs avec eux et avoir des contacts physiques. L’intérêt de l’enfant reste prioritaire.
Les établissements peuvent choisir des activités et des méthodes de travail dans une base de connaissances en ligne. L’offre varie donc d’un établissement à l’autre.
Formations et accompagnement
Il existe différentes formes d’aide :
- Betere Start (Meilleur départ) : une formation reconnue à l’éducation des enfants, destinée aux mères détenues ayant des enfants de deux à dix ans inclus. La formation commence pendant la détention ; des visites à domicile suivent ensuite. Les recherches montrent une amélioration des compétences parentales et environ 25 pour cent de problèmes de comportement en moins chez les enfants.
- Mijn kind en ik (Mon enfant et moi) : une formation pour renforcer le lien avec l’enfant et exercer son rôle de parent pendant la détention et après la libération.
- Humanitas Gezin in Balans (programme Famille en équilibre de Humanitas) : un soutien par un bénévole, par exemple une personne qui accompagne le père ou la mère. L’accompagnement peut commencer pendant la détention et se poursuivre après le retour à la maison, pendant environ un an à un an et demi. Humanitas propose aussi des formations « ik jij wij » (moi, toi, nous) pour les mères et un accompagnement lors des journées parent-enfant.
- Expertisecentrum K I N D (centre d’expertise sur les enfants) : une initiative d’Exodus et d’Avans Hogeschool (établissement d’enseignement supérieur professionnel) proposant des informations, des conseils et des formations aux enfants, aux familles, aux bénévoles et aux professionnels. Avec Augeo (organisme partenaire), le centre a élaboré des informations sur le soutien et les facteurs de protection des enfants.
Children of Prisoners Europe, en abrégé COPE, défend au niveau européen les intérêts des enfants de parents détenus. Le réseau propose notamment des informations et des formations aux écoles, aux juges, au personnel pénitentiaire et aux organismes de protection de l’enfance.
Quels effets la détention a-t-elle sur un enfant ?
Un enfant peut ressentir le manque de son parent, avoir honte ou penser que la détention est de sa faute. Les réactions négatives de son entourage peuvent entraîner son exclusion. Parfois, des difficultés existaient déjà avant la détention, comme la pauvreté, la négligence ou la maltraitance. Dans ces situations, l’absence d’un parent peut aussi apporter du calme ou une protection.
Les conséquences dépendent notamment de l’âge, du lien entre le parent et l’enfant et des possibilités de contact. Les jeunes enfants sont souvent plus dépendants de leur parent. Les enfants plus âgés peuvent voir la situation autrement et parfois ressentir un apaisement.
Un bon contact peut aider à surmonter la situation et à préserver le rôle parental. Mais le transport, les horaires de visite, le nombre de visiteurs et les mesures de sécurité peuvent compliquer les contacts. Certains parents préfèrent le téléphone et le courrier, par honte ou par crainte des contrôles. Ce qui convient dépend toujours de l’enfant et de la situation familiale.
Contester une décision : enseignements de la jurisprudence
Le refus de séjour doit être expliqué
Dans KC 2020/009 du 25 février 2020, une mère souhaitait garder son bébé auprès d’elle. Le directeur a évoqué la possibilité d’un accueil chez la grand-mère et indiqué qu’un séjour avec la mère n’était possible qu’à titre exceptionnel.
La beklagcommissie (commission chargée d’examiner les plaintes des personnes détenues) a jugé cette explication insuffisante : aucune règle ni politique pertinente n’était indiquée. Il n’était pas non plus clair pourquoi la procédure pénale encore en cours empêchait le séjour. La plainte a été déclarée fondée. Le directeur devait se prononcer sur une compensation dans un délai de deux semaines. Cette décision ne signifiait pas automatiquement que le bébé devait être accueilli.
Règlement intérieur et circonstances particulières
Dans KC 2013/017 du 23 avril 2013, une règle limitant le séjour à six mois a été acceptée. Une prolongation jusqu’à neuf mois était possible si la mère était libérée pendant cette période. Comme ce n’était pas le cas et qu’aucune exception ne s’appliquait, la demande a été rejetée.
Dans KC 2018/010 du 17 août 2018, l’appréciation a été différente. Des demandes de verlof refusées à tort avaient empêché un placement avec un BBI-status (statut de placement dans un établissement à sécurité limitée), dans une beperkt beveiligde inrichting (établissement à sécurité limitée). Notamment en raison d’un avis favorable concernant une troisième demande supposée, la sécurité et le développement de l’enfant ont été déterminants. Le directeur devait prendre une nouvelle décision dans les quatorze jours, en vue d’une prolongation jusqu’à neuf mois.
Règles générales de visite et décision individuelle
Dans KC 2013/118 du 1er février 2013 et KC 2012/118 du 13 mars 2012, des pères ont porté plainte parce que leur enfant d’un an et demi ne pouvait pas participer aux journées parent-enfant destinées aux enfants de trois à seize ans. Il était toutefois possible de participer à la Vader Kinddag (journée père-enfant), organisée deux fois par an.
Les plaintes ont été déclarées irrecevables : la commission ne les a pas examinées sur le fond, car elles visaient une règle générale et non une décision individuelle du directeur. Dans la décision de 2012, la commission a recommandé d’élargir les conditions de participation ou d’organiser au moins quatre Vader Kinddagen pour les parents exclus.
Permission de sortie pour une visite après une naissance
Dans KC 2012/138 du 14 septembre 2012, un refus d’incidenteel verlof (permission de sortie ponctuelle) pour une visite après une naissance a été maintenu. Le détenu n’avait pas démontré qu’il s’agissait de son enfant ni qu’il avait une relation durable avec la mère.
Difficultés et recommandations du RSJ
Le Raad voor Strafrechtstoepassing en Jeugdbescherming (Conseil néerlandais pour l’application du droit pénal et la protection de la jeunesse), le RSJ, souligne que les contacts parent-enfant spécialement organisés permettent davantage d’exercer son rôle de parent que les visites ordinaires. Le RSJ constate toutefois de grandes différences entre les établissements et une dépendance envers les bénévoles et les membres du personnel impliqués.
La situation des enfants peut passer inaperçue lorsqu’un parent ne fournit pas d’informations exactes ou ne donne pas son consentement. Les possibilités de contact numérique sont également limitées. Pour les sorties de courte durée destinées au maintien des liens sociaux, le RSJ a relevé des listes d’attente et l’absence d’un cadre d’évaluation clair. Il s’agit de difficultés et de recommandations, et non de droits de visite distincts.
Établissements pour jeunes et cliniques tbs
Dans l’avis *Ingesloten vrouwen in beeld (Regard sur les femmes enfermées)*, le RSJ demande une politique nationale obligatoire concernant les relations mère-enfant dans les prisons, les justitiële jeugdinrichtingen (établissements judiciaires pour jeunes) et les tbs-klinieken (cliniques accueillant les personnes soumises à une mesure pénale de soins psychiatriques sous contrainte). Les propositions comprennent des unités pour mères, des Herfstkampen ou des activités comparables, ainsi qu’un accompagnement suffisant. Ce sont des recommandations, et non une garantie que ces dispositifs existent partout.
Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
- Parlez de vos enfants avec le casemanager. Expliquez qui s’occupe d’eux et quelles difficultés de contact vous rencontrez.
- Renseignez-vous sur l’offre locale. Pensez aux journées parent-enfant, au courrier, aux salles familiales, aux formations et à l’aide au transport.
- Vérifiez à l’avance les conditions de visite. Faites attention aux limites d’âge, à l’accompagnement, aux horaires et au nombre de visiteurs.
- Expliquez concrètement l’intérêt de votre enfant. Pour une demande de séjour, les soins apportés à l’enfant, les possibilités d’accueil et son développement sont importants.
- En cas de désaccord, distinguez une règle générale d’une décision individuelle vous concernant. Cette distinction peut déterminer si une plainte sera examinée.
- Utilisez votre droit d’être entendu avant que l’autorisation de séjour de votre enfant soit refusée ou retirée.
Attention
Cette page a été rédigée sur la base de l’expertise de Mr. S.P.C. (Stan) Broekmans, spécialisé en droit pénitentiaire chez Hameleers Antonides Advocaten. Vous avez une question sur votre situation personnelle ? Contactez-nous ; la première évaluation est gratuite.
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